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A Bayeux, le cirque classique et international à la portée de tous


A Bayeux, le cirque classique et international à la portée de tous

Du 25 au 31 mars, se tiendra la 8ème édition du Festival International du Cirque de Bayeux : près de 40 artistes du monde entier seront présents, pour 9 représentations dans un tout nouveau chapiteau de 1500 places ! Un festival dont le rayonnement traverse les frontières pour offrir à tous un nouvel éclairage sur le cirque traditionnel.

Rencontre avec Arnaud Tanquerel, président du Festival du Cirque de Bayeux et de l’association éponyme.

Quel est le principe du festival ?

L’équipe organisatrice sélectionne les meilleurs numéros qui peuvent se faire dans chaque discipline puis on les invite à venir à Bayeux. C’est un spectacle qui est intégralement accompagné d’un orchestre et présenté par un Monsieur Loyal. C’est du cirque classique, auquel on tient, et que l’on reconnaît par la présence d’animaux, notamment le cheval. Cette année, nous convions d’ailleurs un artiste particulier, Louis Knie, de nationalité suisse mais qui travaille en Autriche : c’est une pointure en dressage au niveau européen, il viendra avec 25 chevaux. C’est l’un des invités phare.

Louis Knie

Qu’est-ce qui fait sa particularité ?

En tout, 13 nationalités sont conviées. C’est un spectacle composé de plusieurs numéros et créé spécialement pour l’occasion. C’est une vraie particularité. Outre Louis Knie, nous avons aussi une troupe d’artistes australiens qui viendra faire deux numéros : Trampo Wall pour le premier numéro, du trampoline et Flying Aces, qui présentera un numéro de trapèze volant. La particularité cette année, c’est que pour la première fois, nous faisons venir une troupe d’artistes mongols pour un très beau numéro d’équilibre sur boules, les Mystery gentlemen. Le jongleur, Ty Tojo, est américain ; Elvis Erani, qui présente les éléphants, est de nationalité italienne, la partie comique est assurée à la fois par Totti qui est allemand et par Scott et Muriel, qui viennent de Belgique pour nous présenter leur numéro de magie… Nous avons également un couple de Cubains qui feront des portés acrobatiques…

Les Mystery gentlemen © Patrick Jehl

Comment est composé le spectacle ?

Si les numéros sont bien calés, le travail est important : nous avons collecté toutes les partitions de chaque numéro, et certains sont réécrits voire réadaptés parce qu’ils seront chantés – une chanteuse travaille avec nous sur le festival. Nous écrivons et mettons en scène le spectacle avec Michel Palmer, qui sera notre Monsieur Loyal. Il a dans son palmarès le cirque Arlette Gruss pendant 20 ans, une référence nationale, et depuis quelques années, il est le présentateur officiel du cirque d’hiver Bouglione de Paris. C’est une belle pointure. Nous travaillons le spectacle pour que cela soit à la fois intense, dynamique et fluide.

Michel Palmer

Comment choisissez-vous les artistes ?

Aujourd’hui, le festival est installé. Dans les premières années, c’était plus compliqué de faire venir les artistes. Aujourd’hui c’est le contraire : même si l’on tient à voir les artistes, pour des questions d’économie et de passion, nous ne passons pas par des agents artistiques. Nous allons dans des festivals étrangers et dès qu’il y a un coup de cœur, on en discute ensemble. Aujourd’hui, il y a beaucoup d’artistes qui font la démarche de venir vers nous, ce qui montre la renommée de notre festival dans le milieu. Ce qui est super, c’est que nous avons également des artistes qui reviennent, qui ne sont pas sélectionnés mais qui reviennent pour l’ambiance. Ils aiment beaucoup la dimension du festival : comme beaucoup, c’est également une compétition mais ce qui le rend assez unique parmi les festivals européens, c’est que c’est le public qui décerne les trois prix principaux : le Loyal d’Or, d’Argent et de Bronze.

Ayala, le Prince des clowns – Prix de la ville de Bayeux 2017

Quelles sont les nouveautés ?

Cette année, nous avons justement décidé de créer un jury international « regards de professionnels » pour apporter quelque chose de différent. On y retrouve par exemple le directeur de scène du Moulin Rouge, le fondateur du festival de Marmande, le directeur de Mongolian Circus Production, le Président du Club de Cirque Français, Sandrine Bouglione du Cirque d’hiver Bouglione de Paris et le directeur du Nikulin Moscow Circus. Nous proposons également pour la première fois trois expositions gratuites.

  Le Duo Frénésie – Loyal d’Argent 2017

Quelle est la force de ce festival ?

Ce qui me fait plaisir, c’est qu’on a su, en 15 ans, déringardiser le cirque. Tous les directeurs du cirque en Europe positionnent très vite Bayeux sur la carte et s’étonnent du succès du festival au regard de la ville. On met l’accent sur l’innovation et la qualité de nouveaux artistes… par exemple, le duo Sampion et Natalia :  elle est artiste aux sangles aériennes, lui est plutôt issu de la jonglerie à rebonds… Tous les deux ont décidé d’innover pour le festival : Sampion s’est mis aux sangles aériennes et toute la première partie du numéro se déroule sur un piano, avant de partir dans les airs. C’est vraiment un beau moment. Autre exemple avec Ty Tojo… il a la nationalité américaine, mais son père est japonais. Il a appris très vite à jongler, c’est un virtuose, à 12 ans, il participait au festival de Monte Carlo. Il a plusieurs records enregistrés au World Guinness Record… nous sommes vraiment dans le haut-de-gamme. D’ailleurs, les professionnels s’étonnent de notre capacité à réunir autant d’artistes reconnus sur un spectacle. Et il y a un vrai rayonnement. Sur la semaine du festival, c’est par exemple près de 300 nuitées d’hôtel.

Scott and Muriel © Sawing BAC

Quel impact le festival a-t-il eu sur les arts du cirque ?

En 2009, nous avons proposé deux ou trois créneaux d’arts du cirque dans une salle municipale et au bout de deux ans, vu le succès, l’association a acheté un petit chapiteau et a recruté deux enseignants pour créer l’école de cirque André Hébert. Aujourd’hui, cerise sur le gâteau, c’est que nous avons un jeune que nous avions accompagné pour passer son BPJEPS arts du cirque, qui est aujourd’hui à mi-temps enseignant à l’école de cirque… et trois ou quatre anciens qui sont partis dans des écoles nationales et une autre dans une école au Québec…

Sarah Berousek “La Poste”

En quoi est-ce important ?

Nous avons su dépoussiérer l’image du cirque classique, et créer avec les bénévoles une effervescence autour d’une nouvelle activité, les arts du cirque, la créer et la proposer au plus grand nombre. C’est super. Notre école s’adresse aux petits dès 4 ans, aux ados, aux adultes… et on travaille beaucoup en lien avec les IME, les centres adaptés. Nous sommes vraiment dans notre mission de faire découvrir le cirque pour tous. Il y a aussi un gros travail avec les scolaires, qui travaillent avec leurs enseignants sur la thématique du cirque et plus particulièrement cette année sur le costume. C’est l’une des expositions qui sera présentée à Bayeux la semaine du festival. Par ailleurs, ce sont 4500 enfants qui viendront assister au spectacle sur des créneaux dédiés.

Bon à savoir :

  • Une centaine de bénévoles sont à pied d’œuvre pour la mise en place et la réussite du festival
  • Près de 340 000 euros de budget, dont 18% de subventions et 15% de partenariats privés
  • Le Festival attire près de 18000 visiteurs… un très beau succès pour une ville de 14000 habitants, 30 000 dans le cadre de l’intercommunalité…
  • Le festival est initialement né dans le cadre d’un projet de BTS mené par Arnaud Tanquerel et trois amis de sa promo. La première édition a eu lieu en 2005, et depuis, l’évènement a lieu tous les deux ans
  • En 14 ans, l’association a reçu près de 100 000 spectateurs, plus de 250 artistes et a créé, il y a 10 ans, sa propre école de cirque

Réservez vos places ici : http://www.festivalcirquebayeux.fr/