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Adrien Legrand, musicien normand sur le devant de la scène


Adrien Legrand, musicien normand sur le devant de la scène

« Deux fulgurances d’orfèvrerie pop » selon François Moreau des Inrocks, « un premier EP, (…) qui fait déjà, comme son nom l’indique, forte Impression » pour Franck Colombani, journaliste au Monde… Après une tournée de 17 dates en son nom, dont la dernière le 6 juillet prochain au festival Hello Birds d’Etretat, et des projets à foison, Adrien Legrand, né à Caen il y a 30 ans, fait partie des espoirs de la scène nationale. Portrait d’un Normand nostalgique, rêveur et intimiste.

Musicien

Né le 12 janvier 1989 dans la capitale calvadosienne, Adrien a grandi à Caen, y a fait ses études – une licence d’histoire – et surtout ses premières armes musicales. Après des cours de piano entre 8 et 11 ans – mais sans conviction, il découvre la guitare à la fin des années collège. « Comme ça se fait beaucoup à cet âge, j’ai commencé à jouer avec des copains, dans des groupes de reprises. On jouait des classiques comme Nirvana… c’était surtout pour apprendre à jouer ensemble. » Un peu plus tard, à la fac, il redécouvre le piano, et parcourt le clavier avec passion. A la fin de sa licence, peu convaincu par la carrière professorale, le jeune Caennais décide de se professionnaliser dans la musique.

« Je voulais apprendre le volet plus technique, dans une vraie salle de concert »

En 2014, pour appréhender les dessous de la filière, il assure un service civique au Big Band Café, l’une des salles de concert phares de Normandie. « En parallèle, avec des copains, on a formé le groupe Gandi Lake, dans lequel je faisais les claviers » explique Adrien. Très vite, la pop à l’anglaise un peu psyché du groupe conquiert les mélomanes. Concerts dans le grand ouest, à Paris… En plus des claviers, le jeune homme se met à faire les chœurs et découvre -littéralement- sa voix. Avide de scènes et d’expériences, il fonde en 2016 Veik avec deux amis, un nouveau groupe qui mêle krautrock*, musique expérimentale et électro. « On vient de terminer un album, et les concerts sont prévus en 2020. »

En solo

En 2017, le musicien lance sa carrière solo, motivée par la composition de morceaux inédits au piano. Ni pop rock, ni électro… des titres qui ne rentrent en tout cas pas dans l’esthétique de Veik ou de Gandi Lake : « je me suis dit : pourquoi je n’en ferais pas quelque chose ? » Dont acte. Après avoir présenté 5 morceaux à des amis, les répétitions débutent en septembre 2017, et l’enregistrement de l’EP, entre janvier et avril 2018. « L’été, j’ai trouvé un label, Objet disque, tenu par Rémy Poncet, alias Chevalrex, à Paris. J’étais super content de bosser avec lui » se réjouit Adrien. Un premier EP où le piano est roi. Ses influences ? Hot Dreams de Timber Timbre, l’album Fell « et sa superbe pop à la Beach Boys » de John Cunningham, « de la musique plus déglinguée » comme Mild High Club… « J’ai également une culture française – il y a des chanteurs que j’adore comme Katerine ou Gainsbourg mais ce n’est pas ce qui m’influence le plus » explique Adrien qui révèle une appétence de toujours pour la musique noire américaine. « J’ai longtemps écouté du hip-hop, du jazz, de la soul… aujourd’hui, c’est plutôt du RNB contemporain comme Franck Ocean. »

« J’ai toujours aimé composer… c’est ce que j’aime le plus d’ailleurs »

Désireux de sortir un objet, l’artiste dévoile alors un 1er single 45 tours en janvier 2019 avec les titres Notre Amitié et Là-Haut, puis le clip de ce dernier, en mars. « Une voix douce et timide à la Mathieu Boogaerts, l’évidence mélodique d’un Michel Berger, le tout curieusement enveloppé de sonorités rêveuses imprégnées de Krautrock*… », les premières critiques sont élogieuses – Adrien Legrand figure notamment parmi les six espoirs de la chanson pop et électro repéré par le service culture du Monde, sous la plume de Franck Colombani. En parallèle, l’auteur compositeur et interprète normand est sélectionné pour les Inouïs du Printemps de Bourges, dans le cadre du partenariat avec le FAR (lire ici). « L’audition était en janvier, même si je n’y croyais pas trop… ». Il est comme ça, Adrien : simple, modeste, et empreint d’une intériorité sensible qui s’exprime à travers sa musique.

Accompagnement normand

Si c’est par amour qu’il habite aujourd’hui à Saint-Lô, c’est également dans la ville préfectorale manchoise que le Caennais est accompagné depuis ses débuts par le Normandy, l’une des 6 SMAC (scènes de musiques actuelles) régionales. « C’est super, ils m’aident pour le travail du son dans le cadre de résidences, mais aussi pour l’accompagnement administratif, le financement d’un véhicule pour la tournée… et ils m’ont initié à l’action culturelle, une très belle expérience ! » L’action culturelle en question n’est pas moindre : au sein d’un dispositif initié par la SACEM, le Normand a notamment animé 5 ateliers pour des classes de CM1 et CM2 de l’école André Parisy d’Avranches. L’objectif ? Ecrire un morceau principal et se produire en concert. C’est chose faite aux Papillons de Nuit, le 9 juin, où Adrien et ses jeunes élèves – les chœurs de Parisy – ont enchanté le public !

« Ici, on se sent entouré, tant mieux. C’est dynamique : sur 17 concerts, 15 ont été programmés en Normandie, ce qui est assez criant ! »

« C’est une région dynamique, où il se passe pas mal de choses, que ce soit en termes de lieux comme les SMAC qui fédèrent les scènes, à travers les accompagnements, mais aussi les associations qui programment de nombreux concerts, pour les groupes émergents comme les pros » soutient Adrien. Et pour la suite ? « Les vacances ! » Avec pas moins de 17 dates depuis avril, Adrien a hâte de trouver le temps de s’adonner à ses autres passions : le collage – la réserve de matériaux commence à gonfler, la randonnée – prévue dans les Hautes-Pyrénées… mais aussi le cinéma, la lecture… Côté pro, après une dernière date le 6 juillet prochain au festival Hello Birds d’Etretat, Adrien pense à enregistrer un 2ème EP ou un petit album fin octobre. « Des concerts commencent également à se dessiner à l’automne et l’hiver… ». Et si le groupe Gandi Lake a pris fin en 2018 dans un dernier concert au festival Beauregard, Adrien ne cache pas ses désirs de création : « nous sommes en train de remonter un projet, Passagers, avec les membres du groupe… ». Une affaire à suivre !

*rock allemand