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Théâtre de Caen : une programmation audacieuse et rayonnante

Théâtre de Caen : une programmation audacieuse et rayonnante

Opéra ouvert à tous les genres, le théâtre de Caen attire des pièces ou ensembles de renommée internationale et développe la production de spectacles reconnus, qui s’exportent sur les plus grandes scènes de France et du monde. Avec toujours cette même ambition : proposer une programmation éclectique et qualitative pour tous les publics. La dernière en date ? La production d’Ex Anima, de Bartabas et son théâtre équestre Zingaro, sous un chapiteau installé sur la Colline aux Oiseaux. Rencontre avec Patrick Foll, directeur du théâtre de Caen. 

Quelques mots sur le positionnement artistique du théâtre de Caen ?

Nous faisons venir des équipes artistiques de tout premier plan et avons développé un réseau de partenaires de maisons d’opéra, entre autres, avec lesquelles nous montons régulièrement des projets. Cela permet au public de voir des productions aux distributions - solistes et orchestrales - de renommée internationale. Parallèlement, nous avons développé le volet productions : nous avons noué des relations au fil du temps avec un certain nombre d’ensembles et d’artistes, qui nous sollicitent désormais pour produire des spectacles, eux-mêmes amenés à rayonner sur les plus grandes scènes. Cela donne à Caen un niveau qualitatif qui est clairement au-dessus de ce à quoi l’on pourrait prétendre, au regard de la taille de la ville. Nous avons également la chance et la force d’avoir une maison très ouverte aux différents publics. Nous avons doublé notre public en 10 ans, parce que nous avons une proposition très large et que nous avons attiré les néo-ruraux : un public installé à la campagne, mais souhaitant conserver une proposition de vie culturelle et de sorties de premier plan.

Comment comprendre le rayonnement des spectacles que vous produisez ?

Les dernières productions « maison » de Caen ont toutes été présentées à Paris, que ce soit à l’Opéra-Comique, au théâtre des Champs Elysées, aux Bouffes du Nord, à Versailles, mais aussi à l’étranger. Nous avons un partenariat très dynamique avec le théâtre du Luxembourg qui a une des plus belles saisons d’opéra et de danse d’Europe. Le fait d’avoir une forte identité sur le baroque nous a également permis de nouer des partenariats avec des ensembles de premier plan. Il y a des productions que nous avons emmenées au Bolchoï, en Russie, puis en Corée, comme par exemple Rameau, maître à danser. C’était une création avec Les Arts Florissants, en 2014, 100% caennaise, dans l’ancien manège équestre : une forme atypique qui intéresse beaucoup. Il repart prochainement à la Brooklyn Academy of New York. Après les Arts Florissants avec qui nous continuons de travailler, nous avons en résidence l’ensemble Correspondances, dirigé par Sébastien Daucé. Avec lui, nous avons fait le spectacle Ballet Royal de la Nuit, qui a connu un triomphe au château de Versailles et à Dijon. On le reprend d’ailleurs la saison prochaine, après une tournée de plus de 20 dates - ce qui est plutôt rare - à l’international. Nous avons aussi un gros réseau français, avec des maisons comme l’opéra de Nancy, de Lille et de Dijon, ainsi que les opéras nationaux de Bordeaux ou de Montpellier.


En quoi c’est important d’avoir un tel positionnement au sein d’un réseau ?

Cela correspond d’abord à une attente du public. Un théâtre se nourrit de la relation avec un territoire. Et il faut reconnaître que Caen est une ville est assez atypique : il y a un dynamisme de publics, pour le théâtre, mais aussi la musique, le cinéma… Le public caennais est très dynamique : Caen est clairement une ville culturelle. Nous faisons partie des quelques grandes salles de France en termes de fréquentation, avec environ 80 000 billets vendus par saison. Avec des évènements comme le spectacle de Bartabas, qui attire en soi près de 25 000 spectateurs, cela va nous donner une très belle saison. Notre propre dynamisme concourt à l’élan et l’image positive de la ville. Nous proposons des spectacles, identiques à ce qui peut se faire dans des très grandes villes. Avec les co-productions, nous profitons de maisons qui ont des standings de premier plan. Nous sommes un des éléments qui concourent à l’attractivité : toutes les villes à l’échelle de Caen n’ont pas un opéra, ni une programmation aussi dynamique. 

Pourquoi avoir fait le choix de produire un spectacle de Zingaro ?

C’est un projet très original qui est le fruit d’une histoire. Il y a eu une maison d’opéra à Caen, détruite en 1944. Quand la ville a reconstruit le théâtre en 1963, il a rouvert sous le projet de Maison de la Culture, impulsé par Malraux. L’objectif était de s’adresser à tous et de rehausser le niveau des propositions artistiques. De cette histoire-là, il reste cette double origine : à la fois une maison d’opéra mais en même temps une scène pluridisciplinaire, c’est-à-dire ouverte à tous les genres artistiques. Bartabas s’inscrit dans cette dimension pluridisciplinaire et démontre notre capacité, en tant que théâtre, à porter des formats de spectacles atypiques : une installation gigantesque, un budget conséquent… L’enjeu pour des compagnies comme Zingaro, c’est de trouver des théâtres qui ont les reins assez solides pour porter et mobiliser. Il y a des enjeux techniques, pour l’installation du village, des enjeux de billetterie et des enjeux de communication… sachant que nous sommes sur des volumes de vente atypiques : 25000 spectateurs, c’est tout de même l’équivalent de quatre zéniths.

C’est donc un atout, en termes d’attractivité ?

Oui, et c’est une aventure particulière qui rentre complètement dans notre identité. Nous revendiquons qu’au même titre que de grands spectacles lyriques, il y a aussi des artistes hors opéra qui sont des grandes figures, aux formes spectaculaires, qui méritent d’être proposées sur le territoire. Le pari, c’est de réussir à amortir une bonne partie des frais d’installation sur une longue série de représentations avec un artiste, qui fait partie des rares noms dans le spectacle à toucher une diversité de publics. Cela va avoir un impact pour Caen mais aussi pour la Normandie : nous touchons encore un nouveau public, qui vient des régions environnantes, puisque nous sommes pour le moment la seule date annoncée sur l’ouest, hormis Brest en avril.  


Quelques exemples des temps forts à venir de la saison… 

Productions au rayonnement national et international :

  • Jenufa de Leos Janacek, compositeur d’Europe Centrale, en co-production avec Dijon. Réservé jusqu’à maintenant à de très grandes maisons comme Paris ou Lyon, ce chef d’œuvre de la musique du XXème siècle est un exemple de l’association réussie de deux structures pour porter une production de premier plan.
  • Le Freischütz de Weber, considéré comme le premier grand opéra allemand. Produite à Caen, cette œuvre romantique a la particularité d’être créée avec Laurence Equilbey, chef d’orchestre, fondatrice du chœur Accentus et de l’orchestre Insula, et en collaboration avec la Compagnie de magie nouvelle 14 : 20, de Rouen. Ce spectacle ira ensuite à Rouen puis à Paris, au théâtre des Champs-Elysées.

Des compagnies et spectacles internationaux :

  • Le théâtre de Caen accueillera les jeunes interprètes de la grande compagnie israélienne Batsheva, dirigé par Ohad Naharin, avec le spectacle Décadance, actuellement à l’Opéra Garnier. Ecrite il y a 10 ans, cette pièce est considérée comme constitutive de l’histoire de la danse contemporaine.
  • Deuxième projet phare, la venue de la compagnie Isango, d’Afrique du sud. Une compagnie qui rayonne dans les très grandes villes et festivals du monde. Elle viendra présenter deux spectacles après son passage au Royal Opera House de Londres : A Man Of Good Hope et sa version de la Flûte Enchantée, présentée il y a quelques années au Théâtre du Châtelet, à Paris.
  • Autre grand spectacle atypique, Deadtown, des Frères Forman. Les deux enfants du réalisateur tchèque Milos Forman mènent depuis 25 ans une aventure artistique unique, à la croisée du théâtre sans paroles, du cirque et de la magie. Ils présenteront leur dernier spectacle, Deadtown, en hommage au western, sous un chapiteau installé au château de Caen.

Et retrouvez toute la programmation ici : http://theatre.caen.fr/ !

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