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Success Stories

Mathilde Milot, les sourires en partage

Mathilde Milot, les sourires en partage

©Citémômes

Du 12 au 14 janvier, Mathilde Milot, directrice de l’association Citémômes de Rouen, s’est envolée pour New York pour la 2ème fois, à l’invitation du Vogue Knitting live, salon international autour de la laine. L’objectif ? Mettre en valeur la dernière œuvre géante de Monet en tricot, créée dans le cadre du projet « Tricote un sourire ».

Portrait d’une Normande guidée par des valeurs d’universalité et de bienveillance.

Entre Art et pédagogie, tisser des liens

"Aujourd’hui, si l’on veut changer le monde, cela doit commencer par les enfants, en leur donnant des clés d’ouverture, l’envie de découvrir les choses."

Cette conviction, Mathilde Milot, 34 ans, l’a forgée tout au long de son parcours. Née à Rouen, d’une mère enseignante et d’un père passé par les Beaux-Arts, la jeune femme a progressivement tissé les contours des valeurs qu’elle défend aujourd’hui. "Mon grand-père maternel portait en lui la philosophie des Lumières, cela m’a éclairée... Il m’a transmis des valeurs de partage, de solidarité, de mutualisation." Bac littéraire, option arts plastiques, deug de psychologie à Rouen… entre art et pédagogie, Mathilde explore ces horizons : "je suis allée à Marseille pour faire une licence de conception de projets culturels, voir ce qui se faisait ailleurs." Premier stage, premier choc. "Au Préau des Accoules, J’ai découvert un espace muséal où des collections étaient mises en valeur pour les enfants."

Si l’on veut changer le monde, cela doit passer par les enfants

Une découverte qui entre en résonnance avec son questionnement : comment transmettre des contenus aux jeunes publics ? Premiers éléments de réponse dans le cadre de sa maîtrise de médiation culturelle à la Sorbonne, et de son Master II à l’IREST (Institut de recherches d’études supérieures du tourisme). Mathilde y affine sa vocation : chargée de créer le premier parcours pour enfants au MuMa du Havre, elle (re)découvre Monet.
Une vraie rencontre avec les Impressionnistes pour la jeune femme, qui connaissait mais sans forcément apprécier, les maîtres de l’impression fugitive. "Cette année-là, le musée recevait l’une de ses plus grosses donations. Tous les deux jours, des œuvres arrivaient. J’ai appris à les aimer." Au Réseau des Grands Sites de France, elle s’intéresse aux différents publics, à leurs attentes, aux problématiques de sur-fréquentation de ces espaces fragiles exceptionnels. Son dernier stage, au sein d’un gros cabinet d’études de Paris, lui permet d’explorer la création de contenus en lien avec la scénographie.

©Citémômes

Débuts professionnels : audace et innovation

En 2007, Mathilde pose les bases de Citémômes. L’idée ? Créer son propre terrain de jeux. "J’ai exploité ce que j’avais appris pendant toutes ces années, en alliant scénographie, médiation culturelle et adaptation aux jeunes publics." Adieu lecture poussive et panneaux didactiques, hermétiques aux jeunes esprits. L’originalité de la démarche s’incarne dans un premier module pédagogique innovant, mixant spectacle, exposition et médiation. Une sorte « d’exposition 3D » itinérante qui ravit les enfants. L’expertise de Citémômes est née. Parallèlement, l’entrepreneuse occupe différents postes : conférencière au musée Malraux (MuMa), remplacements au Réseau des Grands Sites de France, animatrice en centre de loisirs… sans jamais se départir de son optimisme. "Chaque expérience, même alimentaire, était positive" affirme-t-elle dans un sourire.

Allier scénographie, médiation culturelle et adaptation aux jeunes publics 

Mais le vrai tournant s’opère en 2011. A l’occasion de l’année de l’Outre-Mer en France, le ministère invite Citémômes à tenir un stand au jardin d’acclimatation à Paris. Pendant un mois, sur 40m², Mathilde dévoile son module pédagogique décliné sur la Polynésie. Organisé en trois espaces - exposition, atelier, créateur - il remporte un véritable succès. Très vite, l’idée d’avoir un lieu à soi, pour développer l’association, fait son chemin. Elle l’imagine accueillant, le souhaite lieu de partage. "En parallèle, le Réseau voulait proposer un outil pédagogique aux enfants afin d’appréhender les Grands Sites." Des projets structurants qui permettent à Citémômes de salarier – Mathilde devient directrice – et d’accueillir du public.

©Citémômes

« Tricote un sourire » : Monet, ambassadeur normand

Dernier challenge, et pas des moindres, avec « Ensemble nous sommes Monet » et le festival Normandie Impressionniste, en 2016. L’aboutissement du projet « tricote un sourire » lancé deux ans auparavant : "Le tricot, cela ne fait pas peur : c’est une porte d’entrée très large au monde de l’art. Il est universel, s’adresse à tous, et c’est un symbole positif, affectif, de cocooning" s’enthousiasme Mathilde. Sa promesse – un tricot, un sourire -, fait rêver : du lien social, du fun et du partage, autour d’un projet collectif galvanisant ! Avec il y a deux ans, la création d’un tableau en tricot géant d’une œuvre de Claude Monet : la femme à l’ombrelle tournée vers la gauche. Une idée audacieuse qui se heurte, à l’époque, aux doutes de certains sceptiques. Mais Mathilde y croit et ne plie pas. 

Au lieu d’aller faire des matchs le samedi, j’allais tricoter

Une volonté qu’elle puise auprès de ses proches, - sa grand-mère et sa mère sont quelques-unes des chevilles ouvrières du projet - et qu’elle entretient depuis l’enfance, avec le sport. La gymnastique d’abord, puis le hand, où elle démontre, en grandissant, de vraies compétences d’entraîneuse. Le temps file, si Mathilde abandonne le sport, elle retrouve le collectif au quotidien. Pique-nique, pompoms party, ateliers tricothé, puis assemblage… Fin août 2016, le défi est réussi. Suzanne, œuvre entièrement réalisée en tricot, est présentée sur le parvis de la cathédrale de Rouen, avant de s’exposer au salon Vogue Knitting Live de New York, quelques mois après. 6 mètres de haut, 4 mètres de large, près de 10 000 carrés tricotés… et autant de sourires.

©Citémômes

La seconde œuvre, créée l’année dernière, s’inspire du Pont Japonais de Giverny. Un pont, pour abolir les frontières, comme un trait d’union entre la Normandie et le reste du monde.
Elle préfigure une nouvelle idée de Mathilde : au-delà du tricot, celle de valoriser l’art textile, patrimoine normand par excellence. Une idée à suivre…


EN BREF :

  • Mathilde Milot est la directrice de l’association CitéMômes, qu’elle a créée en 2007 à Rouen.
  • L’association valorise la créativité de petits et grands à travers des ateliers, des expositions, et des projets collectifs enthousiasmants, tels que « Tricote un Sourire » qui a fédéré des milliers de Normands.
  • Elle s’adresse également aux professionnels via des formations en médiation culturelle et la conception d’outils pédagogiques innovants.
  • Les créations géantes inspirées du peintre impressionniste Monet, ont conduit Mathilde à exposer par deux fois à New York, au Vogue Knitting Live, événement international de tricot. Ses deux œuvres ? La femme à l’ombrelle tournée vers la gauche (4 x 6 m) et Pont au-dessus de l'étang des nymphéas (4 x 5 m).
  • 200 000 : C’est le nombre de carrés tricotés récoltés, toutes opérations cumulées depuis le début de l’aventure.
  • 2000 : C’est, environ, le nombre de partages du post sur Facebook du Festival Normandie Impressionniste dévoilant les coulisses de la première œuvre, en août 2016. Une publication partagée aux quatre coins du monde qui lui a valu sa première invitation à New-York.


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