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Axel Férard : normand, aventurier… engagé !


Axel Férard : normand, aventurier… engagé !

Après avoir grandi à Lisieux, fait de nombreuses études à travers la France dans le domaine de l’écologie, plusieurs périples et dernièrement un master Urbanités à l’université du Havre, Axel Férard est parti de Saint-Malo à vélo le 1er mai. Objectif : un nouveau défi de 6500 km pour défendre une agriculture et une alimentation durables. Rencontre avec un ambassadeur sportif et engagé !

C’est quoi la Petite Odyssée ?

C’est un projet que je prépare depuis longtemps. Gérer les sponsors, la communication, s’entraîner physiquement, organiser la logistique… C’est beaucoup de travail et c’est déjà une victoire de pouvoir partir. Je pars pour 6 mois, avec 4 modes de transports différents – vélo, paddle, kayak et à pieds – dans l’objectif de sensibiliser à une alimentation et une agriculture responsable et durable. Je fais le tour de la Bretagne à vélo puis je pars du Mont-Saint-Michel en paddle et revient à Honfleur. Je repartirai à vélo en France, Belgique, Suisse… puis en randonnée de Genève jusqu’à Nice. Ensuite, ce sera le tour de la Corse en kayak, puis de retour en France, je reviendrai à vélo à Lisieux. Tout ce que j’ai pu coucher sur papier il y a plusieurs mois a évolué, c’est amusant. En fait, un projet n’est jamais fini, c’est toujours en évolution, que cela soit avant, pendant ou après, c’est mouvant, et c’est ce qui est super intéressant. J’ai créé mon association, Graine d’odyssées ! (GO !) au Havre pour supporter le projet et être transparent sur l’argent que je reçois, qui n’est destiné qu’à mon périple. Les objectifs de l’asso : découvrir, sensibiliser et valoriser les initiatives. J’ai envie de mettre en avant le collectif, plein de gens qui font plein de belles choses.

Quels sont les objectifs de ton périple ?

Je défends trois piliers : agriculture/alimentation, aventure/voyage et sport/santé. Mon premier objectif est de réaliser un documentaire sur des initiatives concrètes qui touchent l’agriculture et l’alimentation : pas seulement venant de producteurs, mais également des familles adeptes du zéro déchet, de collectivités territoriales, de parcs naturels régionaux… et montrer les différents impacts des modèles agricoles. Aujourd’hui, l’agriculture intensive détruit les sols, on arrache les haies, on détériore les zones humides, etc. L’idée n’est pas de jeter la pierre aux « gros » agriculteurs, mais de les inclure dans la boucle : les sensibiliser et voir ce qui les bloque à faire différemment. Mon deuxième objectif est de réaliser une web série d’aventure avec un épisode par mois, tournée exclusivement sur le côté sportif. J’aimerais également passer dans des écoles, collèges, lycées, voire des entreprises pour sensibiliser au bien manger, et sur son impact sur le territoire. On dit de plus en plus souvent qu’il faut manger bio, qu’il faut manger local… mais on explique rarement les leviers et les impacts derrière, pas seulement pour soi, mais également pour la nature, et la planète. Mon 4ème objectif sera d’organiser des ramassages de déchets sur les plages et en montagne pour sensibiliser à la thématique déchets, qui est très liée au modèle agricole que l’on a mis en place, et montrer ainsi les alternatives : remettre en place le vrac, les consignes… Enfin, je vais partager mon voyage quotidiennement sur ma page Facebook et sur Instagram, avec des photos et des vidéos chaque jour, sur les bons comme les mauvais moments…

Pourquoi l’agriculture et l’alimentation ?

Parce que je me suis rendu compte, au fil de mes rencontres, et au cours de mes études, que l’agriculture touchait à beaucoup de sujets. Je veux montrer sa transversalité : au niveau biodiversité, au niveau énergie, pour la gestion de l’eau… elle est génératrice de beaucoup de problématiques comme de beaucoup de solutions. C’est ce que j’ai envie de faire comprendre, aux particuliers comme aux collectivités. J’aimerais également intégrer les grandes surfaces, parce que l’on ne fera pas sans. C’est important d’intégrer tout le monde et de ne pas jeter des pierres. Nous sommes tous dans la même galère. Le but, c’est d’inclure tout le monde et de voir ce que chacun peut faire à son échelle pour faire avancer les choses.

Comment est née cette prise de conscience ?

Cela fait longtemps… déjà, je suis né à la campagne. Cela peut paraître bête, mais j’ai eu la chance d’être au contact de la nature, je me baladais souvent avec mon grand-père dans la forêt. Ensuite, j’ai grandi avec des parents sensibilisés à cette cause-là, on a mangé très tôt du bio chez moi. J’ai donc pris conscience de tout cela et j’ai orienté mes études vers l’écologie. Je me rends compte que je ne me suis pas trompé puisque c’est un domaine que j’apprécie énormément. C’est pour cela que je suis parti en bac STAV, aménagement du territoire et agriculture, un BTS gestion et protection de la nature… et dernièrement l’urbanisme durable avec le master. Je souhaitais vraiment avoir une vision transversale.

Comment t’organises-tu ?

Je pars avec ma tente, un réchaud à bois qui transforme l’énergie de la chaleur en électricité, une douche solaire, un duvet, et un hamac pour le kayak et le paddle. Plein d’accessoires qui me permettent d’avoir un minimum de confort mais en cohérence avec mes idées. Je ne serai pas seul ; à chaque changement de discipline : quelqu’un viendra chercher mon vélo au Mont-Saint-Michel et m’apporter mon paddle. Je pars avec mon vélo de toujours, avec lequel j’ai fait tous mes périples. J’ai acheté un drone, une Go Pro… Je suis soutenu par plusieurs marques de Décathlon, en kayak, paddle et randonnée. D’autres marques me soutiennent pour du matériel plus technique, en vêtements. Je suis également accompagné par des entreprises qui ont les mêmes valeurs… par exemple, j’ai eu une paire de lunettes faite en bois, du Jura. Je visiterai l’entreprise qui m’expliquera comment elle les fabrique et pourquoi. J’ai également obtenu une brosse à dents dont le manche est fait en coquilles saint jacques, avec une brossette interchangeable et recyclable. Je vais prendre cet exemple pour expliquer ce qu’est l’économie circulaire. C’est une petite part dans l’océan de ce qu’il est possible de faire. Plein d’initiatives comme cela mises bout à bout peuvent changer le monde, et c’est cela que je veux montrer. Réinventer l’intelligence collective, c’est super important.

Quelle préparation as-tu effectuée ?

J’ai fait du rugby au HRC, le rugby club du Havre… On fait du touch, pas du plaqué : c’est très cardio, ça m’entraîne pas mal. J’ai travaillé également pour Deliveroo comme coursier à vélo, ce qui m’a permis d’être rémunéré à faire du vélo… Je me suis entraîné en paddle et kayak, et j’ai fait partie de l’incubateur d’aventures IMAGO : c’est une structure qui porte des aventuriers comme moi. Ils nous ont réunis et formés à l’importance d’une vidéo, d’un teaser, comment aller chercher des sponsors… c’était super intéressant.

Quelle est la suite ?

Au retour, je réaliserai le documentaire, je ferai des conférences sur l’agriculture et l’alimentation, comme sur le côté aventure et voyage. Au niveau des écoles, collèges, lycées, il y aura également une partie consacrée à l’importance de suivre ses rêves, d’aller au bout de ses objectifs, même si cela paraît insurmontable. Aujourd’hui, c’est vrai qu’il y a beaucoup de gamins qui ne savent plus ce qu’ils veulent faire, qui sont en perte de sens… j’aimerais leur dire que s’ils ont un rêve, d’y aller à fond ! Cela fera partie de mes messages. Ce n’est pas que leur prendre le chou avec l’agriculture et l’alimentation, même si c’est important ! (rires) Je n’ai plus envie d’imposer, j’ai envie de montrer : c’est pour cela que je m’engage dans ce projet. Pour montrer concrètement ce qui se fait. Je pense que c’est par l’exemple qu’on réussira à changer les choses. Il y a plein de projets intéressants, je veux les mettre en lumière, pour que d’autres s’en inspirent et fassent naître des initiatives similaires partout en France et dans le monde !

“Quand tu rencontres Patricia sur un vélo couché au Decathlon de Vannes et qui a un drapeau breton
Alors Bretagne, France ou Normandie Région-Monde ou les deux ?! Personnellement je vote pour les deux, j’essaye d’enterrer mon chauvinisme Normand mais il faut dire que la Bretagne est belle et que les Bretons sont bien cool !”

Pour suivre et soutenir le périple d’Axel Férard : sur Facebook, Axel Férard Le Petit Voyageur ou sur Instagram: @lepetitvoyageurnormand

Le périple d’Axel en km : • 4500 km de vélo, en France, Belgique et Suisse, • 500 km de paddle, du Mont-Saint-Michel au Havre, • 750 km de randonnée, traversée des Alpes (GR 5) avec l’ascension du Mont-Blanc, • 850 km de kayak, tour de la Corse.