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Dragons en Seine : tous ensemble ou rien !


Dragons en Seine : tous ensemble ou rien !

 

Lors de notre première Place des Normands, le samedi 24 mars, les « Dragons en Seine » a été élue par les ambassadeurs comme l’une des quatre plus belles histoires à raconter…

Rencontre avec Guillemette Halliez, membre de la section de Dragon Boat du club CK de Belbeuf, près de Rouen. Elle et son équipe décolleront prochainement pour une compétition à Hong-Kong. Une histoire 100% #NormandieRégionMonde !

Qu’est-ce que Dragons en Seine ?

C’est une section du club de canoë-kayak qui est basé à Belbeuf, près de Rouen et qui a été créée il y a une petite dizaine d’années. Nous sommes une équipe d’une cinquantaine de personnes, multigénérationnelle et mixte : les plus jeunes de l’équipe ont 22 ans et la plus âgée a 78 ans ! Et tous ensemble, nous pratiquons le dragon boat.

Quel est le principe ?

C’est un sport d’équipe où la cohésion est vraiment importante. Pour résumer, c’est un sport avec des bateaux de 10 ou 20 personnes, avec deux personnes par banc : soit on pagaie à gauche, soit on pagaie à droite. C’est la force de tout le monde et en même temps qui fait avancer le bateau. On l’appelle dragon puisque c’est un sport ancestral asiatique à la base : il y a des têtes de dragons à l’avant et des queues de dragons à l’arrière…

Crédit : CK Belbeuf

Quels sont les enjeux ?

La coordination est extrêmement importante : plus on est ensemble, plus on va vite ; avoir le même rythme est essentiel, sinon, on se cogne les pagaies. Pour battre le rythme, il y a d’ailleurs un tambour à l’avant, assis comme les équipiers et pour diriger, un barreur à l’arrière, debout. C’est un vrai sport d’équipe. Au cours de l’année, nous pratiquons notre endurance et notre coordination, avec une sortie hebdomadaire de 15 à 20 km sur la Seine, d’une heure, une heure trente. Mais parfois, comme samedi dernier, nous avons fait un entraînement de départ-arrêté de vitesse, des sprints, pour préparer Hong-Kong et la Dordogne Intégrale.

Hong Kong et la Dordogne Intégrale, c’est-à-dire ?

Nous avons deux objectifs cette année. Le premier, c’est la Dordogne intégrale, le samedi 12 mai prochain : ça arrive très vite ! C’est une course extrême de 130 km en une journée, réservée initialement aux canoë kayak, qui relie Argenta à Castelnau. Il y a des pirogues, des kayaks, des paddle… c’est ouvert aux amateurs et aux athlètes sur inscription. Nous serons le seul dragon boat de 10 places, à participer et pour la première fois. Et 130 km, c’est long : nous allons nous relayer à deux équipes.

Pas trop anxieuse ?

Non, ça va ! (Rires). On a l’habitude de faire des grandes courses comme ça. Une fois tous les deux ans, à la Pentecôte, on fait la Vogalonga par exemple. C’est une course à Venise, qui part et revient à la place Saint-Marc. On fait tout le tour de la lagune, c’est magnifique. Il n’y a plus de bateaux à moteurs de la journée, on traverse les canaux en pagayant, c’est magique et il y a beaucoup de monde !

Vous parliez de Hong Kong tout à l’heure. C’est une autre des courses ?

C’est notre deuxième objectif ! Et également une première fois : comme nous participons à beaucoup de compétitions nationales et internationales, nous avons été invités au festival de Dragon Boat* à Hong Kong, du 22 au 24 juin. Nous sommes d’ailleurs la seule équipe française de dragon boat amateure à s’y rendre. Là, ce sera du sprint sur quatre courses : une course de 10 personnes masculines, une course de 10 féminines, une course de 20 mixte et une dernière, également de 20 équipiers, mais… déguisés ! C’est assez génial. On a déjà prévu de mettre des marinières. Nous partons à 28, du 19 au 26 juin. Mais en tant qu’amateurs, on ne se fait pas beaucoup d’illusions sur l’issue de la compétition… nous ne sommes pas des athlètes contrairement aux équipes professionnelles. La fierté n’en est que plus grande !

Crédit : CK Belbeuf

Est-ce que le dragon boat s’adresse à tout le monde ?

Bien sûr ! Pour commencer, il faut venir faire des essais, un samedi matin, avec de vieilles baskets, des vêtements chauds et qui ne craignent pas l’eau. Il faut savoir que beaucoup de clubs font des sections de dragon boat, adaptées aux femmes qui ont eu des cancers du sein : l’activité est souvent recommandée par les médecins. On les appelle les dragon ladies. Nous-mêmes avions une équipe ; aujourd’hui, on souhaite l’élargir au handicap et à d’autres maladies.

Le dragon boat commence vraiment à se développer en France, également dans le cadre du team building : c’est LE sport pour fédérer. On a d’ailleurs des prestations à destination des étudiants ou des entreprises : on déplace nos bateaux et on propose des séances pour renforcer l’esprit d’équipe.

Avez-vous d’autres projets ?

Dans le cadre de Normandie Impressionniste, nous avions proposé une excursion de Dragon Boat le long de la Seine Euroise, qui a été maintes fois immortalisée en peinture. Au Printemps, c’est magnifique. Nous allons la proposer pour la prochaine édition en 2019. Et puis nous allons poursuivre les compétitions !

*Ce « Festival du Bateau-Dragon » est une célèbre fête chinoise qui a même été inscrit en 2009 par l’UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.