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La Sonothèque Normandie, un « Deezer » régional, vitrine du patrimoine musical


La Sonothèque Normandie, un « Deezer » régional, vitrine du patrimoine musical

Située à Bolbec en Seine-Maritime, la Fabrik à Sons œuvre activement à la découverte et à la pratique des musiques actuelles en Normandie. L’association, qui fêtera ses 20 ans l’année prochaine, a notamment lancé il y a 9 ans, une sonothèque, véritable mémoire vivante et numérique des initiatives musicales et régionales depuis 1962. Décryptage.

Plusieurs grands axes

Voilà presque 20 ans que La Fabrik à Sons œuvre sur le territoire au travers ses différentes missions pour sensibiliser chacun aux musiques actuelles Normandes. Située à Bolbec, l’association dispose notamment de locaux de répétition, des studios pédagogiques qui permettent aux groupes locaux de venir répéter entre Le Havre et Rouen. « Nos locaux accueillent aussi bien des artistes confirmés qu’amateurs, l’objectif c’est d’encourager les échanges entre musiciens » précise Nora Wende, coordinatrice de la Fabrik à Sons. Autre volet indispensable à la valorisation des musiques actuelles normandes, l’organisation de concerts. « Nous intervenons sur l’ensemble de la chaîne musicale : de la répétition, l’enregistrement à l’organisation de concerts, avec une programmation mensuelle, éclectique et gratuite. »

« En fonction des projets des jeunes, nous les orientons vers des licences de musicologie, des formations de gestion de projet, des formations techniques ou encore le Conservatoire »

La Fabrik à Sons propose également un volet ressources, à travers ses « Rendez-Vous Conseils » proposés à tous ceux souhaitant s’engager dans le monde de la musique : « Nous nous efforçons d’être le plus au fait de l’actualité possible et ainsi pouvoir répondre aux artistes tant sur les tremplins et dispositifs musicaux du territoire, que répondre aux collectivités ou programmateurs qui souhaitent programmer des groupes locaux. Nous conseillons également les porteurs de projets, ou répondons aux questions liées à l’intermittence » détaille la coordinatrice. Régulièrement, l’équipe reçoit des jeunes inscrits en mission locale ou envoyés par des CIO (Centre d’information et d’orientation) souhaitant s’informer sur les formations existantes. L’association s’engage également à fournir l’aide administrative nécessaire aux groupes pour travailler dans un cadre légal : « on propose du secrétariat artistique, en se posant comme la structure juridique qui accompagne les artistes afin qu’ils se produisent dans des écoles, des hôpitaux voire lors d’évènements privés. »

©La Fabrik à Sons / Elegant Tramp en 2018 pour Normandie Bib’Live

Un outil de promotion : La Sonothèque Normandie

5ème mission et pas des moindres, née il y a 9 ans, d’un constat : « on recevait beaucoup de CDs de groupes ou d’artistes qui souhaitaient un accompagnement ou un avis. Au passage à l’ère du numérique, la question s’est posée de la préservation de ce patrimoine musical » explique Nora Wende. L’objectif ? Empêcher la musique des Normands de sombrer dans l’oubli. Une sonothèque – à l’origine haut-normande puis généralisée aux 5 départements après la fusion – a donc été mise en place sur un site internet, puis une application fonctionnant sous Android et IOS. Ce projet, qui aujourd’hui, a pris de l’ampleur – près de 30 000 titres, et plus de 1600 artistes sont représentés – est devenu un véritable outil de promotion de la scène régionale.

« C’est du rayonnement, de la patrimonialisation, du partage, du savoir… on le fait pour la peinture ou la sculpture, pourquoi pas pour la musique ? »

Création de bornes d’écoute, mise en place de partenariats avec des médiathèques, des universités dans l’organisation de concerts… « Quand on noue un partenariat, on propose cette option de bornes musicales aux couleurs de la sonothèque qui peuvent être mises à disposition : soit en prêt pour une période ponctuelle, soit en location pour une durée plus longue, voire en achat » explique Raphaël Malandain, responsable de la Sonothèque Normandie. Bernay, Caen, Rouen, Fécamp, Le Havre… De nombreuses collaborations sont également engagées avec des radios de la région. « Tous les 15 jours, je fais une chronique sur un artiste que je souhaite mettre en avant et que j’envoie pour diffusion sur leurs ondes ; je fournis aussi un accès à notre serveur afin que les radios puissent piocher leur sélection et je leur envoie une newsletter chaque mois avec toutes les nouvelles acquisitions » assure Raphaël, qui intervient par ailleurs dans diverses émissions dans le cadre de sa mission de promotion.

Un outil en évolution

« Il y a pas mal de groupes ou d’artistes qui ne sont pas connus comme étant Normands, cela surprend encore beaucoup de monde ! » Little Bob, Orelsan, Petit Biscuit, Naâman… « Je pense également aux Road Runners, dans les années 80, que Philippe Vandel, alors sur Canal + avait qualifié de meilleur groupe de rock français, et qui venaient du Havre » confie Raphaël. Sur le site et l’appli de la Sonothèque Normandie, on retrouve ainsi près de 2800 albums. « Toutes les esthétiques sont représentées, avec une prédominance du rock et de ses dérivés, une spécificité normande. » Si pour le moment l’outil ne permet pas de faire des recherches à partir de critères détaillés, chacun est invité à se rendre sur la Sonothèque Normandie pour découvrir cette mémoire musicale. Un deezer normand dont chacun peut s’emparer pour découvrir les artistes et contribuer à la fierté musicale régionale.

« Peu importe notre siège social, on a vocation à s’adresser à l’ensemble des artistes et groupes normands »

 « On peut faire des recherches par style, nom de groupe, ou de personnes et nous sommes en train de faire évoluer l’outil pour maximiser les recherches » précise son responsable, toujours en quête de nouveaux morceaux à intégrer. « On ne récupère pas que des vieux trucs, on récupère aussi de la production actuelle, avant qu’elle ne soit trop difficile à trouver, voire même avant qu’elle ne sorte ! » renchérit Nora Wende. Depuis que la Sonothèque Normandie est devenue outil de promotion pour certains groupes locaux, l’équipe reçoit plus de sollicitations. « Du moment que l’artiste est normand, né ou d’adoption, que l’enregistrement est de qualité et que ce soit majoritairement de la composition. Ce sont les seuls critères. » Alors, que vous soyez mélomane, membre d’un groupe, ou tout simplement fier de la richesse de la scène musicale normande, un seul réflexe : https://www.sonotheque-normandie.com ! ou contact@sonotheque-normandie.com

site internet de La Fabrik à Sons : https://fabrikasons.com/