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“L’efficacité de l’Axe Seine fait vivre d’autres filières. Elle fait vivre, par extension naturelle, des filières industrielles et une grande filière transport-logistique”


“L’efficacité de l’Axe Seine fait vivre d’autres filières. Elle fait vivre, par extension naturelle, des filières industrielles et une grande filière transport-logistique”

Infographies : ©Paris Seine Normandie

Retenu dans le cadre du dispositif national « Territoires d’industrie » mis en place par le gouvernement fin 2018, l’Axe Seine est un territoire en projet majeur pour la France. Tourisme, logistique, industrie, numérique… Associant les atouts de l’Ile-de-France et de la Normandie, ce territoire en développement a de nombreux enjeux. Rencontre introductive avec Frédéric Le Roux, Délégué Général de l’association Paris Seine Normandie®, créée en 2013 par les CCI de Normandie et d’Ile-de-France.

C’est quoi, l’Axe Seine ?

Il n’y a pas de limites administratives réelles : bien évidemment le territoire englobe l’Ile-de-France et la Normandie mais cela peut aller au-delà en fonction des secteurs économiques ou des filières qui sont concernés. Pour nous, l’Axe Seine, c’est le territoire économique qui relie le Grand Paris au reste du monde en passant par la Normandie et le littoral de la Manche. Mais selon d’autres points de vue, c’est un territoire géographique, un territoire historique, un territoire culturel… les définitions et les approches varient en fonction des missions et des prismes des uns et des autres. D’un point de vue politique, notamment dans le cadre du Contrat signé entre l’Etat et les deux Régions, l’essentiel de l’ambition est bien une ambition économique. Avec toutefois un volet important qui est aussi la préservation de la qualité environnementale et des paysages.

Comment est-ce né ?

La démarche dans laquelle tous les acteurs se retrouvent aujourd’hui est partie d’un grand appel à projets, en 2008-2009, qui était la construction du Grand Paris, lancé par le Président Nicolas Sarkozy. Antoine Grumbach, architecte et urbaniste, propose la vision d’un nouveau territoire qui va de Paris jusqu’au Havre. Une idée qui interpelle, intéresse, interroge un certain nombre d’acteurs, dont l’Etat et les trois régions à l’époque – Ile de France, Haute-Normandie, Basse-Normandie. Puis l’idée prend collectivement : en 2012, le gouvernement met en place un commissaire au développement de l’Axe Seine, Antoine Rufenacht, ancien maire du Havre. A la suite de l’alternance de 2012, le gouvernement relance l’Axe Seine et met en place en 2013 un délégué interministériel au développement de la vallée de la Seine, toujours en place aujourd’hui : le préfet François Philizot. Sa mission est d’élaborer une stratégie commune avec les trois régions : un contrat de plans est signé en 2015 entre l’Etat, l’Ile-de-France, l’ex-haute et l’ex-basse Normandie qui va de 2015 à 2020, sur lequel il y a environ 1 million d’euros engagés.

Quels sont les atouts de l’Axe Seine ?

Ce territoire est complexe… on ne peut le ramener à sa seule dimension fluviale et maritime. Elle est importante – s’il n’y avait pas le fleuve, nous ne nous poserions pas toutes ces questions – mais ce n’est qu’une des dimensions : l’efficacité de l’Axe Seine fait vivre d’autres filières. Elle fait vivre, par extension naturelle, des filières industrielles et une grande filière transport-logistique.  Elle fait vivre aussi des entreprises qui sont dans le domaine du numérique parce qu’aujourd’hui, toutes les questions de transport et de logistique s’appuient sur des compétences numériques de très haut niveau… tout cela gravite autour d’un territoire qui doit être le plus dynamique et le plus riche possible. Tout le monde n’est pas concerné directement par le fait d’aller transporter du matériau ou bien des conteneurs sur le fleuve. C’est une diffusion directe et indirecte. Prenez l’exemple de Renault, l’un des plus grands acteurs industriels du territoire Axe Seine : historiquement, le groupe faisait transiter une bonne partie de son trafic interne par le fleuve. Ils avaient même une flotte de barges qui était dédiée à cela. Aujourd’hui, ce trafic est nettement moins important. Mais cela n’empêche pas Renault d’être un très grand acteur industriel du territoire. L’activité de chimie fine de la Normandie, autre gros employeur industriel, est également importante. Les acteurs de cette filière ont assez peu recours au fleuve mais cela participe d’une économie globale liée à l’Axe Seine.

Et le tourisme ?

Le tourisme est effectivement une composante économique importante : environ 10% de l’économie de chacune des régions, avec, en particulier, un nombre croissant de touristes qui s’intéressent au tourisme sur la Seine. Côté croisières, Le Havre est devenu un port d’escale extrêmement important : il y a eu un travail extraordinaire pour que les grandes compagnies mettent Le Havre en escale. Aujourd’hui, c’est presque 500 000 touristes qui passent tous les ans, un record ! Il y a aussi le tourisme fluvial, qui part de Paris, du Havre, de Honfleur ou de Rouen, qui navigue sur la Seine, qui monte, qui descend, avec environ 100 000 passagers par an et une vingtaine de paquebots fluviaux. C’est un secteur de niche en croissance. Avec le tourisme, nous sommes dans l’usage économique direct de la Seine, qui par ailleurs est continu.

Quels sont les enjeux ?

L’Axe Seine avance, en termes d’équipements et d’infrastructures, de qualité et d’amélioration des trafics entre Le Havre, Rouen, Paris mais aussi au-delà car Paris n’est pas une fin en soi. C’est un point de desserte, d’entrée et de sortie de 30% de l’économie française, mais qui a vocation aussi à aller plus loin, vers l’est, vers la Bourgogne, et vers le nord. C’est ce qu’on appelle l’extension de l’hinterland (zone d’influence et d’attraction économique d’un port NDLR) : c’est stratégique, pour HAROPA (les Ports de Paris Seine Normandie), de capter le territoire le plus étendu possible. Et si cela concerne les ports, c’est que cela a une conséquence économique. Quand vous arrivez à capter des flux qui viennent de la Picardie ou de la Champagne en termes de céréales par exemple, qui viennent par le train ou éventuellement par le fleuve, vous renforcez la compétitivité des grandes coopératives qui sont le long de l’Axe Seine, comme Sénalia. Ce n’est pas un hasard si cette grande coopérative mondiale a pris la décision, l’année dernière, d’installer son nouveau siège social à RouenOn voit donc que la structuration des flux permet de rendre le territoire plus attractif. Cela permet de garder du business local, de continuer à faire vivre des entreprises, et cela permet aussi d’en développer d’autres. La captation de flux, l’augmentation des trafics a des conséquences directes et indirectes, c’est l’intérêt des ports mais aussi de chacun de leurs écosystèmes.

Quels sont les objectifs de l’association Paris Seine Normandie® ?

Elle contribue, auprès des pouvoirs publics et avec les entreprises, au projet de développement économique de l’Axe Seine, du Grand Paris au littoral de la Manche. Les projets pilotés ou soutenus par Paris Seine Normandie® visent à renforcer la visibilité et l’attractivité économique du territoire de l’Axe Seine, en prenant en compte ses spécificités sectorielles : ancrage des filières industrielles, excellence du corridor logistique, optimisation du mix énergétique, développement de l’économie circulaire, préservation de la qualité environnementale et promotion du tourisme durable… Tous ces projets ont en commun la conviction selon laquelle la structuration et la visibilité du territoire passent par la connaissance, la collecte, le partage et la réutilisation des données économiques qui le caractérisent : données ouvertes, données privées d’intérêt général, données privées partageables… la donnée fait le territoire !

Chiffres clés :

Deux régions : l’Ile-de-France et la Normandie, 15 M habitants / 1 M entreprises

  • 15,2 millions habitants (25% de la population nationale)
  • 7,2 millions emplois (28% du total de la France métropolitaine)
  • 1,16 millions d’établissements (25% du total national)
  • 634 Milliards € de PIB (34% du PIB national / 5% du PIB de l’Union Européenne)
  • 10 pôles de compétitivité dont 3 de classe mondiale
  • 1er territoire logistique de France avec près de 500 000 emplois liés à la fonction logistique
  • 128 millions de tonnes de trafics maritimes et fluviaux, soit un tiers du trafic portuaire national
  • 1er territoire industriel de France avec près de 700 000 emplois dans l’industrie (20% de l’emploi industriel métropolitain total)
  • L’Axe Seine fait d’ailleurs partie des territoires retenus par l’Etat pour le dispositif « Territoire d’industrie » afin de dynamiser l’industrie française et améliorer sa compétitivité
  • 14 000 hectares de réserves foncières pour des implantations industrielles et logistiques
  • 2 000 implantations internationales entre 2005 et 2015, soit 5% des implantations internationales réalisées en Europe et plus de 40 000 emplois créés
  •  L’une des premières destinations touristiques mondiales (Paris, la Seine, Les côtes normandes)

Focus sur Paris Seine Normandie® : Association des chambres de commerce de Normandie et d’Ile-de-France, Paris Seine Normandie® s’est créée en 2013. Initié en 2009, le projet d’aménagement et de développement de l’Axe Seine s’inscrit comme le prolongement maritime du Grand Paris, créant une identité territoriale et économique entre la région-capitale, la vallée de Seine et sa façade maritime. Ce projet d’ampleur nationale a pour ambition de faire de l’Axe Seine “une zone d’excellence économique, industrielle et logistique de dimension mondiale”. Dans ce contexte, la mission confiée depuis 2013 par les CCI à Paris Seine Normandie® repose sur les principes suivants : penser et agir à l’échelle de l’Axe Seine, en prenant en considération les atouts et les spécificités économiques de l’Ile-de-France et de la Normandie ; être reconnu dans l’environnement politico-économique comme le porte-parole de la fédération des CCI de l’Axe Seine ; imaginer et mettre en œuvre des actions au service du développement économique du territoire, en rupture avec les missions historiques des CCI.

Le bureau de l’association regroupe, depuis le 15/03/2017 : Président, Michel VALACHE (CCI Paris Ile-de-France) ; Vice-président, Vianney DE CHALUS (CCI Normandie) ; Secrétaire, Jean Pierre DESORMEAUX (CCI Normandie) ; Trésorier, François BELLINI (CCI Paris Ile-de-France) ; Secrétaire adjoint, Vincent LAUDAT (CCI Normandie / CCI Seine Mer Normandie) ; Trésorier adjoint, Jean-Paul LAFITTE (CCI Paris Ile-de-France) ; Membre du Bureau, Antoine BERBAIN (HAROPA)

Le Conseil d’administration de Paris Seine Normandie®, à parité CCI Ile de France, CCI Normandie : CCI Paris Ile-de-France : François BELLINI, Didier DESNUS, Didier KLING, Jean-Paul LAFITTE, Michel VALACHE, Frédéric VERNHES ; CCI Normandie : Vianney DE CHALUS ; Jean Pierre DESORMEAUX ; CCI Portes de Normandie : Eric ROUET /Jean-Michel COSTASEQUE ; CCI Seine Mer Normandie / Rouen Métropole : Vincent LAUDAT ; CCI Seine Estuaire : Léa LASSARAT / Aude TOURRES ; CCI Caen Normandie : Michel COLLIN ; CCI Ouest Normandie : Daniel DUFEU ; HAROPA : Antoine BERBAIN ; Association LNPN : Jean-Luc LEGER

Membres d’honneur et invités permanents : le Délégué interministériel au Développement de la Vallée de la Seine ainsi que les Présidents des CESER Ile-de-France et Normandie.