Normandie impressionniste : un festival attendu en 2020 !


Normandie impressionniste : un festival attendu en 2020 !

L’un des rendez-vous attendus de l’année en Normandie sera culturel ! Du 3 avril au 6 septembre, le territoire accueille la 4ème édition du festival Normandie impressionniste : ou comment célébrer la création artistique sous toutes ses formes, de l’Impressionnisme à nos jours. Rencontre avec Selma Toprak, directrice du festival.

Comment Normandie impressionniste est né ?

Le festival est né en 2010, avec l’idée de célébrer les liens entre la Normandie et l’Impressionnisme, en bâtissant un grand événement pour mettre à l’honneur ce courant majeur de l’histoire de l’art. Un courant par ailleurs très lié à la Normandie, puisque l’on retrouve, soit comme sujet, soit en arrière-plan, le paysage normand dans beaucoup de toiles d’artistes de ce courant. On pense évidemment à Claude Monet, Alfred Sisley, Camille Pissarro mais aussi beaucoup d’autres artistes impressionnistes européens, pour qui la Normandie a été une formidable terre d’inspiration. Cela contribue d’ailleurs à la notoriété de la région partout dans le monde, puisque l’on retrouve ces toiles dans les musées du monde entier. L’idée était donc de faire venir des œuvres qui ont été peintes sur le territoire pour montrer les liens entre le paysage et ce mouvement artistique mais aussi de faire venir des visiteurs sur les lieux mêmes représentés dans les toiles.

Quelle est l’ambition de cette 4ème édition ?

Aujourd’hui, nous allons un peu plus loin : l’idée est de montrer que si la Normandie a été une terre d’inspiration pour les artistes impressionnistes, elle est aujourd’hui, encore, un lieu d’innovation et notamment de création artistique très important.

Comment cela se concrétise ?

Nous le montrons à travers une programmation contemporaine qui se veut beaucoup plus ambitieuse pour 2020, avec à la fois de l’art contemporain mais aussi de la danse contemporaine, de l’art numérique, des projets participatifs qui impliquent les habitants et les visiteurs. C’est l’un des axes forts de cette nouvelle édition : l’ouverture à l’art d’aujourd’hui, montrer que la Normandie est vraiment une terre de création.

Quels sont les autres enjeux ?

Nous souhaitons montrer cet enjeu sous l’angle de la création artistique mais également sous le prisme du territoire, puisque vont travailler avec nous, autour de propositions très différentes, des acteurs de l’éducation, du tourisme, voire certaines entreprises du patrimoine vivant, qui vont s’associer à la démarche, autour d’un fil rouge que l’on propose et qui s’appelle « la couleur au jour le jour ». L’objectif étant de tisser tout un ensemble de propositions autour de ce thème.

Pourquoi ce thème ?

« La couleur au jour le jour », c’est une ligne directrice qui a été proposée par Philippe Piguet, le commissaire général, autour de l’idée que les impressionnistes s’intéressaient à la représentation de la vie au quotidien. Le cercle familial, les loisirs, le travail, l’industrie naissante, les transformations sociales… En laissant de côté ce qui relevait de l’académisme. Ils font un usage de la couleur qui la libère des représentations du sujet : s’ils ont envie de peindre un arbre en violet parce qu’ils le perçoivent comme violet en fonction de la lumière à cet instant, ils se donnent cette liberté. Ils utilisent la couleur pour peindre selon leurs impressions, et faire une peinture qui est proche des sensations, plus proche du ressenti, autant dans l’instant présent que dans son époque sociale.

L’idée pour cette édition 2020 est de renouveler le regard sur l’impressionnisme et montrer à quel point les artistes étaient inscrits dans cette société de la fin du XIXème siècle, une société en plein bouleversement avec notamment la révolution industrielle. Il y aura par exemple des expositions, comme au Musée des Beaux-Arts de Caen, qui montreront la transformation du travail et urbaine urbaine qu’a induit la révolution industrielle. Il y aura également une exposition Nuits électriques au MuMa du Havre, qui interroge la façon dont les artistes se saisissent de la question du paysage urbain, alors qu’arrive l’éclairage artificiel, et de nouvelles couleurs. Il y a également la question des collectionneurs industriels qui font du mécénat, un des pendants de la révolution industrielle, comme François Depeaux a pu le faire à Rouen. Le musée des Beaux-Arts propose ainsi de rassembler sa collection, qui a été dispersée dans le monde entier pour recréer son univers, à travers l’exposition L’homme aux 600 tableaux.

A qui s’adresse le festival ?

Cela s’adresse à tout le monde ! Il y a de tout, des propositions très grand public, des spectacles pour tous, des promenades dans le paysage pour découvrir les sites impressionnistes… Toutes sortes de projets sont également portés par les offices de tourisme, avec des visites en ville, des croisières, des animations. Il y aura aussi des projets de street-art à Rouen. C’est important d’associer différents types de publics et de participants.

Quels sont les atouts de la Normandie pour un tel festival ?

C’est d’avoir cette histoire, ce trésor, que sont cet héritage impressionniste et toutes ces toiles que l’on retrouve dans le monde entier, et qui font que la Normandie fait vraiment partie de l’imaginaire collectif de beaucoup d’habitants de la planète. Autre atout, ce sont ces paysages, cette lumière, qui n’ont finalement pas tant changé que ça depuis la fin du XIXème. Il y a donc ce côté intemporel et en même temps, une vraie dynamique autour de la création, portée par un maillage de lieux culturels, d’artistes, de centres d’art, de musées, de centres chorégraphiques, de théâtres, d’oechestres… C’est un maillage très important et très bien réparti sur le territoire, à la fois dans les villes mais aussi en milieu rural. Cet alliage d’une histoire et d’un présent, très riches, est une vraie force : il y a tous les ingrédients pour perpétuer cette création, et créer aujourd’hui, ce qui sera peut-être le patrimoine de demain !

Plus d’infos ici : https://www.normandie-impressionniste.fr/