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SINAY : Une PME 3.0


SINAY : Une PME 3.0

Etude d’impact environnemental, gestion des risques portuaires, optimisation des pêches, modélisation, simulation et expérimentation, évaluation des risques de navigation… Créée en 2008, SINAY a développé il y a trois ans la première plate-forme big data polyactivités. Membre par ailleurs du consortium d’entreprises impliquées dans le projet SMART PORT CITY développé par le port du Havre, la PME normande apporte son expertise unique du numérique et du maritime et poursuit son développement à l’international. Portrait.

L’expérience du terrain pour une mutation d’avenir

PME normande créée à Caen il y 11 ans, SINAY est aujourd’hui spécialiste de la donnée numérique et du maritime. A l’origine, l’entreprise vient du monde de l’acoustique passive, c’est-à-dire de l’étude des bruits sous-marins et de l’étude des pêches : « les activités humaines produisent des bruits, et on sait que les mammifères marins se déplacent eux-mêmes avec des sonars qui émettent des bruits, créant parfois des interférences » explique Stéphane Alain Riou, VP sales and marketing. Mais qui dit acoustique sous-marine, dit enregistrement par hydrophone des bruits sous-marins et donc très gros volumes de données… « Nos ingénieurs n’étaient plus capables de les traiter efficacement avec des méthodes de calcul classiques, ils ont donc eu l’idée d’aller sur le big data. »

« Nous n’étions sûrement pas les seuls à être intéressés par un certain nombre d’algorithmes »

Il y a trois ans, la PME, qui emploie 50 personnes, a donc amorcé un virage très important en développant la première plateforme big data maritime. L’idée ? « Nous nous sommes rendu compte que dans beaucoup d’industries liées à la mer, il y avait également de très gros volumes de données non traitées, enregistrées par des capteurs dans les usines, sur les bateaux… Or, c’est extrêmement intéressant de faire des calculs automatiques sur ces données, de façon à tirer des indicateurs pour piloter au mieux son activité » affirme Stéphane Alain Riou. Un exemple ? Imaginez qu’en combinant plusieurs données -courant, force du vent, consommation du moteur… – il est possible, pour un bateau, d’utiliser ainsi la meilleure route maritime possible et de gagner en gasoil… « On n’y va pas de manière intuitive mais de manière raisonnée, avec l’expérience du passé et l’ensemble des mesures qui permettent de donner des indications réelles. »

 © Sinay

Une plateforme, trois composantes

Trois grands éléments composent cette plateforme : en premier lieu, une énorme base de données, enrichie et actualisée au quotidien, qui comporte actuellement plus de 6000 jeux de données maritimes issues du monde entier. « Par exemple, nous sommes connectés à un réseau de 35000 bouées de surveillance de la qualité de l’eau de mer. Nous sommes capables de nous connecter dessus au large de Singapour, de la Réunion…ou à Cherbourg ! ». Et ainsi récupérer, en temps réel, de précieuses informations telles que la salinité, la température ou la qualité de l’eau. Deuxième composante essentielle : l’intelligence artificielle, avec l’écriture d’algorithmes qui vont permettre de traiter automatiquement ces données. Les data scientists de l’entreprise sont ainsi capables de les qualifier, les stocker, les sécuriser, les mettre au bon format, puis de les coder pour obtenir le traitement automatique.

« Dans le maritime, vous avez toujours besoin de la marée, du courant, de la météo, du trafic…des calculs nécessaires qui reviennent toujours de la même manière »

Outre cette base de données et ce catalogue d’algorithmes, SINAY développe également des applications, troisième composante de leur plateforme big data. Des applications adaptées pour répondre précisément aux besoins et aux questions des clients. « Cela peut-être par exemple simplement un tableau de bord pour visualiser l’ensemble des données que le client collecte au quotidien dans son activité » note Stéphane Alain Riou. Monitoring environnemental dans le cadre de travaux maritimes, alertes en temps réel, analyses de risque… L’entreprise est également capable de développer des applications métiers spécifiques. « On a fait par exemple une application pour les câbles sous-marins, de l’internet et des télécommunications. En fonction de la météo, du trafic maritime, de la profondeur, etc. on sait calculer la probabilité qu’un câble soit sectionné ou non par le passage d’un cargo ou d’un chalut. » Une application très utile lorsqu’on apprend que 98% des transactions par internet passent par plus d’un million de kilomètres de câbles sous-marins à travers le monde !

 © Sinay

Une PME normande bientôt outre-Atlantique

Offshore et câbles, ports et travaux maritimes, pêches et halieutique, énergies marines renouvelables, industries navales… « Le pari qu’on a fait c’est de s’adapter aux spécificités maritimes. Nous venons de ce monde, ce qui nous permet de proposer cette double compétence » affirme Stéphane Alain Riou. Subventionnée par le gouvernement via l’ADEME, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, validée par l’Europe via un sceau d’excellence, et certifiée OHS18001, une norme de sécurité informatique, la plateforme big data de SINAY continue de se développer. Si une quinzaine d’entreprises à travers le monde proposent tel ou tel service similaire, l’entreprise normande est pour le moment la seule au monde à proposer une solution aussi aboutie et sophistiquée, s’adressant à l’ensemble des professionnels de la mer.

« En 10 ans, l’entreprise a plus de 6000 jours en mer derrière elle, c’est ce qui nous crédibilise ; on sait ce que c’est, on a le même langage que nos clients »

Une innovation qui lui permet aujourd’hui d’accroître son activité en créant, à la rentrée prochaine, une filiale en Californie, pour le marché américain et canadien. « Le maritime, c’est aujourd’hui plus de 70% de chiffre d’affaires à l’export : quand vous vendez une solution, c’est très vite un marché international. Les dernières études qui existent sur la data liée au maritime prévoient un marché en croissance de 30% par an dans les 4 ans à venir. » Une accélération en lien avec la digitalisation progressive et soutenue de la société à laquelle le maritime n’échappe pas, et qui permet à l’entreprise de recruter : « nous sommes 50 pour le moment, répartis à Caen, en Bretagne et en PACA. Nous cherchons des profils variés, de développeur informatique, de data scientist, de personnes qui ont cette double compétence numérique et scientifique. »

 

SINAY à propos du SMART PORT CITY : « le Port du Havre fait partie des deux ports français qui sont connus à l’international, avec Marseille. En tant que Normands, dans cette dynamique de développement de la digitalisation entre les activités portuaires et l’intégration dans la ville du projet SMART PORT CITY, cela nous intéresse ! Cela nous permet également de tester de nouvelles solutions avec les partenaires de la place portuaire du Havre. Par exemple, on travaille sur une POC, une Proof Of Concept, sur la qualité de l’air sur la ville et en particulier sur l’optimisation du futur réseau de mesure de la qualité de l’air du port. On prend en compte des données historiques, mais aussi la météo, le trafic routier, le trafic maritime… L’objectif est d’en tirer de grandes règles qui vont permettre au port de monter un réseau de surveillance adapté et spécifique. »

Bon à savoir : Entre “ville intelligente” et “port du futur”, le projet SMART PORT CITY doit permettre une transformation en profondeur de l’agglomération havraise par l’innovation, d’envergure nationale et européenne.

Smart Port City s’appuie ainsi sur trois axes principaux : la conduite d’une transition technologique de référence mondiale au service d’une économie logistique performante ; l’édification d’un territoire exemplaire et innovant sur le plan environnemental, à l’échelle de l’estuaire de la Seine et la construction d’une interface ville-port, laboratoire de nouveaux usages urbains et portuaires…

Un projet porté par le Havre Seine Métropole, HAROPA-Port du Havre, l’Université Le Havre Normandie, Synerzip LH et leurs partenaires, et qui figure parmi les 24 lauréats du Programme national des Investissements d’Avenir (PIA 3) 2018, appelé « Territoire d’innovation de grande ambition ».