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Succès normand en Oman


Succès normand en Oman

 

On sent qu’il y a quelque chose d’universel dans le langage de la musique

Du 13 au 25 février, la majorité des équipes de l’Opéra de Rouen Normandie se sont envolées pour la Péninsule arabique, en Oman, pour une tournée exceptionnelle de deux semaines. Au programme notamment, deux représentations de Norma, mis en scène par Frédéric Roels et co-production inédite entre les deux structures.

Retour sur cette expérience à l’autre bout du monde.

Au téléphone, impossible de ne pas noter le sourire dans la voix du metteur en scène. Rentré depuis déjà quelques jours, Frédéric Roels semble encore émerveillé de l’expérience. Equipe technique, orchestre, chanteurs… près de 137 membres de la maison d’opéra normande étaient conviés à cette tournée inédite à Mascate, capitale du Sultanat d’Oman.

Comment a été accueillie Norma ?

« Très bien ! J’étais vraiment content, parce que nous avions bien préparé les choses avec les gens du théâtre là-bas. Ils avaient été peu avares d’informations, sur la culture, sur ce que les gens attendaient. Dans la conception du projet, j’avais donc été attentif à tout cela. Et effectivement, cela a été très bien reçu, c’était un très beau succès.

C’était la première fois qu’il y avait une collaboration entre Rouen et Mascate, et c’était la première fois que Mascate co-produisait réellement un spectacle venu de l’extérieur. Je pense qu’ils étaient satisfaits. »

Et côté public ?

« Nous avons eu un public composé en grande partie d’expatriés. Il y avait des Omanais dans la salle, bien sûr, mais ils n’étaient pas majoritaires. Les gens étaient séduits par la scénographie, par le chant, par la musique, par l’image vidéo… Ce sont les équipes du théâtre qui nous ont fait les retours, ainsi que quelques personnes que j’ai vues pendant l’entracte, ou après le spectacle. J’ai également eu quelques contacts avant le spectacle puisque j’ai participé à un « pré performance talk », pour parler avec le public, de l’œuvre, des enjeux. Je sentais une bonne attention, et beaucoup d’intérêt pour cet opéra et la démarche. »

©RoyalOperaHouseMuscat

En plus de Norma, je crois que l’Opéra de Rouen-Normandie avait emporté son savoir-faire en proposant des spectacles dédiés aux familles, comment cela s’est déroulé ?

« J’ai assisté à l’un des concerts « famille » avec les Histoires Naturelles de Ravel et Pierre et le Loup de Prokofiev, proposé par l’orchestre et trois chanteurs, avec des projections vidéo et un théâtre d’ombres. Dans la salle, c’était assez mélangé, avec des familles omanaises et des familles d’expatriés, de manière plus homogène que pour les spectacles de Norma. C’était très réactif, on sentait que d’un point de vue émotionnel, les enfants et leurs parents réagissaient très fort à ce qui se passait sur scène : lors des passages « à suspense », on sentait la salle accrochée à son siège, et lors des touches d’humour, cela riait beaucoup… c’était des réactions tout à fait comparables à ce que l’on pourrait avoir en France. »

Est-ce que d’autres spectacles étaient prévus ?

« Je n’ai malheureusement pas assisté à l’autre concert le lendemain qui était pour les écoles, où, paraît-il, il n’y avait que des Omanais. On m’a dit que c’était tout aussi formidable. On sent qu’il y a quelque chose d’universel dans le langage de la musique. Quelque chose qui passe quelle que soit la culture, quel que soit le background des enfants. 

Il y a également eu un concert de piano avec trois chanteurs, pour les gens qui passaient dans la galerie commerçante. C’était assez sympa, même si c’était dans un environnement moins confortable qu’une salle de concert. Ils avaient prévu une centaine de chaises et elles étaient toutes occupées, beaucoup de gens étaient debout. »

©RoyalOperaHouseMuscat

Vous connaissiez déjà Mascate, je crois ?

« Jusqu’à présent, j’y étais allé sur une période maximum de deux, trois jours : cela ne m’avait pas permis de visiter beaucoup en dehors de points phares dans le centre-ville. Ce qui me frappe toujours dans ce pays, c’est l’extrême courtoisie et affabilité des gens, qui sont très accueillants, souriants, disponibles pour rendre service, ou échanger. C’est vraiment une culture humaine agréable et assez sereine. Cette période de deux semaines a permis de se plonger beaucoup plus dans la culture du pays. Nous sommes partis à plusieurs pour faire une excursion d’une journée dans les Wadis, qui sont des vallées dans les montagnes, avec des torrents et de la végétation. Et puis le désert, évidemment : c’est une expérience extraordinaire de voir le soleil se coucher sur les dunes de sable. »

Et les équipes, heureuses de cette expérience ?

« Ils étaient sur un petit nuage ! Je les ai vus souvent, et je sentais beaucoup d’enthousiasme.  C’était assez génial, tout le monde était ravi d’être là, aussi bien dans les équipes techniques que dans les musiciens. Beaucoup sont venus m’en parler d’ailleurs, m’ont remercié pour cette organisation, et cette occasion de tournée qui était assez unique pour eux. 

Il y avait au départ quelques questions : quand on part dans un pays aussi lointain, pour deux semaines, il y toujours un peu d’inquiétude sur ce qu’on va découvrir, dans une culture différente, qui peut paraître hostile… mais ça n’a pas du tout été le cas. Il y a même des gens qui ne rêvent que d’une chose, c’est d’y retourner ! Humainement, cela a été une très belle expérience. Il y a eu une entente excellente et beaucoup de choses très fortes qui ont été vécues. » 

©RoyalOperaHouseMuscat

Quel est l’avenir de Norma ?

« L’opéra de Mascate a la volonté de tourner encore et de vendre le spectacle. Comme c’est une co-production, c’est une carte de visite pour eux, ils souhaitent promouvoir la diffusion du spectacle pour qu’il puisse continuer à vivre. »